Ça dure depuis trois mois. Trois mois qu'
il m'obsède. Au début, je lui lançais quelques petits coups d'oeil. Très rapide. Personne ne s'en rendait compte. Mais petit à petit, mes amies découvrirent mon "
secret". Ça a été très dur de leur faire comprendre que je ne voulais pas qu'
il le sache. Mais bon, en fin de compte, aujourd'hui après trois mois d'hésitation, de regards discrets, de doux rêves d'amour, j'ai pris ma décision.
Aujourd'hui, le 6 janvier 2008 : ce sera ma montée au Ciel, tout comme ma chute en Enfer.
J'ai tout bien calculé, quoi dire, à quel moment, avec quelle intonation dans ma voix, quel regard lui lancé, quelle attitude adoptée... Mes amies m'ont toutes dis, d'une même voix :
- C'est dans la poche !C'est pourtant pleine d'appréhension que je m'approche de
lui, à l'intercours. Je sens le regards de mes amies dans mon dos, j'entends presque leur pensées d'encouragement. Je tente de faire tomber le stress en moi ; je respire lentement, je me remémore mon "
texte" rapidement.
- Euh... Jules ?Il lève les yeux vers moi.
- Quoi ?
- Je... Je pourrais te parler à la récrée ?Il tourne la tête vers son voisin de classe et ami, Thomas, et lui lance un petit sourire en coin.
- Ouais si tu veux. Enfin, pas longtemps j'ai des trucs à faire.J'acquiesce en rougissant et cours rejoindre mes amies. Quand j'arrive vers elles, elles me félicitent. Elles ont vraiment l'air heureuse pour moi.
L'heure passe. Lentement. Je stresse !! La sonnerie annonçant la fin des cours et le début de la pause retentit. Je me lève, tremblante. Je
lui lance un regard. Nos yeux se croisent. Je descends la première.
Il me suit de loin. Je me mets contre un mur, dans un coin plutôt isolé de la cours. De toute manière, je sais d'avance que ses amis et les miennes vont nous écouter. Mais bon. Ce n'est pas grave.
- Bon, tu voulais me parler non ?Il me fait sursauter.
- Oui... Je... Je suppose que tu te doutes un peu de quoi mais... Jules.
Je respire profondément.
- Je t'aime. Veux-tu sortir avec moi ?Il me regarde un instant. Un instant tendu.
- Naya... Moi aussi je t'aime. Alors, j'accepte.
- Jules... Vraiment ? Tu...
- Ne pleure pas Naya...
- Non sérieux ? Mais t'es tarée ma vieille. Pourquoi je sortirais avec toi ? T'es qu'une grosse coincée ! T'as rien pour me plaire. Si seulement t'étais belle, mais en plus t'es qu'un gros thon ! Franchement, moi je te dis, laisse tomber.Dur retour à la réalité. Je ne m'attendais pas à ça. Pas aussi durement. J'imaginais un râteau, mais en douceur, pas aussi violent. J'ai les larmes qui me montent aux yeux.
- Oh non et tu vas chialer maintenant ! T'es vraiment pitoyable Naya. Pitoyable.Ce mot reste en travers de ma gorge. Derrière nous, j'entends des rires. C'est de moi dont on se moque ? Je relève les yeux et je vois. ce ne sont pas seulement les amis de Jules qui rient, qui se moquent de moi. Ce sont aussi mes amies à moi. Mes propres amies ! J'entends des bribes de phrases.
- Non mais franchement, elle s'imaginait vraiment avoir une chance !Finalement, je ne peux même pas compté sur elles. Je ravale mes larmes et pars. Je ne peux faire confiance à personne. Sauf à moi-même.
Le soir, ce triste et froid soir du 6 janvier 2008, ce fut ma descente en Enfer, sans espoir de retour.
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